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China
MOSES 

Chanteuse

China Moses_74778©Alexandre_Lacombe_V1_LoRez.jpg

"It's Complicated..."

Huit ans après « Nightintales », China Moses est de retour avec « it's complicated...», un septième album magistral, addictif et percutant, produit par ses soins et réalisé par le batteur et multi-instrumentiste Troy Miller (Laura Mvula, Jamie Cullum, Gregory Porter), avec la participation d'artistes à la pointe du jazz d' aujourd'hui (Lakecia Benjamin, sax & flûte, Theo Croker, trompette & arrangements, Daru Jones, batterie). Huit nouvelles chansons accrocheuses qui révèlent une China Moses autrice et compositrice plus sincère que jamais, affrontant sans détour les épreuves de sa vie d'artiste et de femme. C'est compliqué ? Peut-être, mais China s'en sort avec son disque le plus riche et éclectique en date, entre jazz, funk, rock, soul, rap et blues. Un vrai tour de force. Mais qui est vraiment China Moses ? Lorsqu'elle arrive dans une pièce, l'ancienne présentatrice et chroniqueuse sur MCM, MTV et Canal+, aujourd'hui animatrice radio sur TSFJAZZ et Jazz FM, a cette faculté de changer l'atmosphère, d'imprimer son sourire, son charisme et son énergie. Américaine dans son attitude, londonienne dans sa curiosité pour l’underground multiculturel, française pour son côté chic et décalé, China Moses est une artiste aux multiples facettes. Au point de se perdre ? « J'ai commencé ce disque quand j'emménageais à Londres et je l'ai terminé lorsque je me suis installée à Brooklyn. C'est comme si, durant tout ce temps, j'essayais de trouver une manière de rentrer à la maison », dit-elle. Fille de la célèbre icône jazz Dee Dee Bridgewater et de l'activiste, homme de théâtre et de cinéma afro-américain Gilbert Moses, China est née à Los Angeles et a grandi en France. Elle a cette voix qui porte et un talent inné pour casser les barrières. Elle a travaillé avec Chilly Gonzales, DJ Cam, DJ Mehdi, collaboré avec Diam's, déclaré sa flamme à Dinah Washington (« This One's For Dinah », ses débuts de productrice en 2009) et même créé un éphémère groupe de soul-métal ! Plus qu'une chanteuse, c'est une artiste et une « entertaineuse », ce terme que l'on a bien du mal à saisir en France. Elle a surtout une connaissance très vaste et précise de la musique afro-américaine, qu'elle a mis à profit dans ce nouveau projet : « Je voulais trouver le moyen d'exprimer ce son que j'avais en tête depuis des années et c'est à Londres que j'ai pu rencontrer les bonnes personnes ». Parmi elles, le pianiste et auteur-compositeur Oli Rockberger (Chaka Khan, Louis Cole, Laura Mvula, Jordan Rakei, Gregory Porter...) va se montrer décisif dans l'élaboration de l'album que China finalisera aux États-Unis. Voilà comment, tout en restant elle-même, vocaliste au style unique et à la souplesse impressionnante, China Moses multiplie les clins d’œil avec un maximum de goût : Patrice Rushen, Roberta Flack, Marvin Gaye, Roy Ayers, Bob James, Sly Stone, Jimi Hendrix, etc... Dès les premières notes de l' album,« another night (it's just) » évoque les productions récentes de Meshell Ndegeocello avec son groove évanescent, sa ligne de basse futuriste signée Michael Olatuja et son arrangement doucement psychédélique. « Meshell a joué sur mon premier single «Time! » en 1996. Je la connais depuis que j'ai seize ans, on se revoit maintenant à Brooklyn ». Comme pour l'ensemble de l'album, China est arrivée en studio avec des maquettes, des pianos-voix, « des bouts de vibes », et tout est parti de là. Plus loin, « my part of town (for Mama) » est sa chanson la plus ouvertement rock à ce jour. Une prise vocale brute et puissante soutenue par l'excellent batteur Daru Jones (Jack White, Pete Rock, Nas). « C'était l'idée de Troy Miller, qui voulait restituer sur disque l'énergie de mes concerts. Mais pour ça, il fallait que je m'enregistre seule. J'ai réalisé la prise chez ma mère à la Nouvelle-Orléans. J'ai enregistré les voix un peu partout entre 2019 et l'été 2024. Je me suis permise des choses que je n' avais jamais faites auparavant ». Alors, China Moses se livre : ses erreurs, ses regrets, ses contradictions, sa rupture, la solitude, la perte d'une amie chère (« broken (pour Alberte) »). Elle tourne son regard vers Flint, Michigan, là où sa mère a grandi, une ville touchée de plein fouet par la crise de l'industrie automobile et par le scandale de l'eau contaminée (« my part of town (for Mama) », inspiré d'un documentaire de Michael Moore), puis vers le Bataclan en ce soir tragique du 13 novembre 2015 (« silence (sirens) »). Des chansons qui l'habitaient depuis longtemps et qu'elle a patiemment travaillées, jusqu'à trouver leur forme définitive, la bonne épaisseur, l'intention juste. En ressortent une détermination, un groove sensuel et conquérant, et au final un vrai parfum de résilience. Écouter « it's complicated...» c'est mesurer tout le chemin parcouru par China Moses. Un chemin vers l'émancipation en tant que femme et artiste / productrice indépendante que l'on devine semé d'embûches. C'est aussi l'album d'une authentique fan de musique, libre dans ses goûts et dans ses influences, ce qui par le passé a pu la desservir. Mais, dit-elle histoire de remettre les choses au clair,« la culture avec laquelle j'ai grandie n'est pas la culture d' un seul rythme ». Voilà pourquoi China Moses a confié l'artwork de l'album à Anthony Peyton Young, un sensationnel artiste de Boston qui travaille le collage et les visages composites. « Je suis la somme de plein de choses », dit-elle, « et je pense que c'est le cas pour tout le monde ». De la première à la dernière mesure, son septième album est le fruit de sa sueur, de son expérience et de son savoir faire ; l'affirmation d'une chanteuse et compositrice insatiable et enthousiaste. C'est compliqué ? Peut-être, mais alors qu'elle pose sa voix rageuse sur un slide de guitare blues, China Moses nous l'assure : jusqu'ici tout va bien. « it' s okay (i'm not alone)...

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Booking : Alexandre

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